Quelle est l’activité d’Aken Ecosystèmes et comment décrire le concept que vous développez ?
Depuis maintenant quatre ans, nous pilotons la création, le financement et l’animation d’infrastructures dont le thème principal est le partage de connaissances.
Ce sont des lieux qui dépassent le cadre du campus classique. Nous les appelons hypercampus parce qu’ils visent à enrichir l’expérience étudiante et apprenante. Tout d’abord, ils permettent de réunir des formes d’enseignement très diverses : techniques, académiques, mais aussi artisanales. Leur autre différence, c’est l’ouverture. Ces lieux sont pensés comme des espaces partagés, accueillant des activités économiques et associatives, ainsi que des solutions d’hébergement accessibles aux étudiants, aux touristes et aux habitants du quartier.
Mais le nœud de ce concept, ce sont les usages. Il ne s’agit pas d’additionner des fonctions, mais de créer des interactions entre elles. Bien entendu, chaque projet part de son contexte local. Ils sont tous différents, avec des effets attendus à l’échelle du territoire. C’est la prise en compte de l’ensemble de ces conditions qui en fait des lieux d’hybridation.
L’hybridation est votre raison d’être depuis le début. Pourquoi est ce un point aussi important pour Aken Ecosystèmes ?
L’intérêt de l’hybridation est de tisser des liens entre l’ensemble des personnes présentes en ces lieux, afin de faire émerger de nouvelles initiatives et de nouvelles dynamiques. Par exemple, les jeunes qui étudient au sein de nos hypercampus pourront y rencontrer un vivier d’acteurs locaux, y détecter des opportunités de projets pour s’exercer, innover, entreprendre…
Plus largement, l’ensemble de l’écosystème territorial pourra s’y rassembler tout au long de l’année, notamment autour des thématiques traitées par Ynov Campus -l’école que je dirige également-, à savoir le numérique et ses compétences clés face aux enjeux nationaux de réindustrialisation et de souveraineté.
Pouvez-vous nous parler du projet d’hypercampus que vous venez de lancer à Val d’Europe ?
Ce projet, que nous sommes particulièrement fiers de mener au sein du territoire de Val d’Europe, est la traduction concrète du passage du campus à l’hypercampus.
Cet ensemble qui sera livré en 2028 s’étendra sur plus de 19 000 m² de surface de plancher, avec deux bâtiments à usages mixtes interconnectés : un bâtiment dédié à l’enseignement et au coworking, dont une partie sera occupée par l’école Ynov Campus, et un bâtiment pensé en collaboration avec Ennismore, sous la marque “JO&JOE”, un lieu de vie hybride et d’animation locale comprenant une résidence étudiante, un hôtel, un hostel, un bar et un restaurant. Il s’agit donc d’un écosystème complet qui marque aussi le renouveau des espaces d’enseignement vers des lieux mixtes, serviciels et expérientiels.
Pouvez-vous citer quelques autres projets à venir ?
Aken Ecosystèmes développe de nombreux projets dans tout l’Hexagone comme à Rouen sur la rive gauche de la ville au sein du quartier Flaubert pour accueillir nos étudiants à partir de 2029, ou encore à Strasbourg dans le quartier de la Meinau sur le site de l’ancienne usine Carambar, sans oublier notre projet à Orléans au sein d’une ancienne manufacture. Pour cet hypercampus, nous réhabilitons un bâtiment industriel en le transformant avec l’aide de l’architecte Jérémy Nadau, en créant un tiers lieu très ambitieux, avec une forêt au cœur du bâtiment.
Quel est votre premier rapport d’étonnement à cette étape de votre développement ?
Nous sommes mobilisés au quotidien autour d’un vrai travail de créativité et d’innovation complexe pour réaliser de tels projets, et ce, tout en évoluant dans un contexte économique difficile et instable. Aken Ecosystèmes a la chance de bénéficier du soutien de la Banque des territoires. Nous continuons à faire résonner notre démarche auprès d’investisseurs institutionnels qui portent comme nous un regard d’avenir sur l’éducation et la nécessaire création d’infrastructures durables dédiées, sans oublier l’hébergement des jeunes, condition cruciale à la poursuite de leurs études.



